Ecole : ces choses qu’on ne voit qu’à la télé VS en réalité

maitre

  • Le directeur d’école porte un costume-cravate marron (et la maitresse une jupe plissée au genou)

En réalité : Il y a des instits Rock, des instits Casual, des instits hippie et même des instits Punk, comme dans tous les métiers. Bon en vrai, il y a plutôt des instits Camaïeu, des instits Cache-Cache et des instits Promod. Et toujours une petite touche de Desigual, c’est plus fort que nous, ce mélange de graphisme, de géométrie et d’arts visuels, ça nous hypnotise…

  • Le maitre laisse tomber un exercice de math ou une leçon de grammaire pour discuter longuement de la situation particulière d’un élève ou pour disserter sur le sens de la vie

En réalité : L’emploi du temps est serré, les séances sont comptées, et avec le retour à la semaine de 4 jours, pas question d’empiéter sur les 50 minutes de Français. Si certaines situations nécessitent d’être aplanis à chaud, on préfère souvent le faire uniquement avec les enfants concernés dans un cadre un peu moins formel que  » Allez, fermez vos cahier, je vais vous expliquer pour le papa de Roberta est SDF ou pourquoi John a deux mamans ! ». Et puis s’ils veulent discuter, il y a la récré pour ça, zut.

  • La maitresse pose ses fesses sur le bord de son bureau 

En réalité : la maitresse ne pose pas ses fesses ! Elle est debout face à sa table, elle est sur le coté en observation, elle est accroupie près d’un enfant pour une aide spécifique, elle est en train d’expliquer à un groupe pendant que l’autre travaille, elle répète la consigne, elle va chercher un Velleda pour Romuald ou un nouveau cahier pour Samuel, … Si par miracle aucun de ses élèves n’a besoin d’elle, elle ira corriger quelques copies à son bureau (Avec les fesses sur la chaise, on prend soin de son dos et on montre le bon exemple !).

  • le maitre écrit un mot en gros au milieu du tableau noir (souvent un mot vague pour entamer une discussion philosophique)

En réalité : Au tableau, on écrit la date, les mots de la dictée, le problème de math et le résumé de géographie ; on n’écrit pas  » homosexuel « ,  » partage  » ou  » amitié « . De toute façon, on n’a plus de tableau noir, au pire on a un tableau Velleda sur lequel on fait des cartes mentales (avec nos velleda de couleurs rigolotes mais qu’on a payé nous mêmes car ya plus de budget fournitures) ; au mieux, on a un TBI…

  • Les enseignants mangent au restaurant scolaire avec les élèves (Bonus : ils boivent du bin rouge en carafe à table).

En réalité : La pause déjeuner, outre le fait purement logistique de se restaurer permet à l’enseignant de reposer ses oreilles, de corriger la dictée du matin, de mettre en place la séance de science hasardeuse demandant une petite bouteille d’actimel, du colorant alimentaire, de l’argile et du bicarbonate, de fumer une cigarette ou de faire quelques positions de yoga histoire de se requinquer avant l’après-midi. Il faudrait payer les instits très cher pour qu’ils acceptent de manger à la cantine avec leurs élèves (même si la cuisinière fait des supers spaghetti !).

  • Les enfants ont des bureaux en bois avec encriers et chaises accrochées

En réalité : ça, c’était encore valable dans les années 80 : le bureau double, avec la rainure au milieu pour poser le stylo et le petit pot sur le côté où on mettait la gomme ou les taillures de crayons. Les bureaux de maintenant sont souvent individuels et si possible avec des couleurs criardes. Mais on est d’accord, les petits en bois sont tellement plus mignons !

  • La maitresse est toujours fraiche et pimpante à la sortie d’école

En réalité : Vous avez de l’encre sur les mains, de la pâte à modeler sous votre semelle, vous avez marché sur un lego, vous avez chopé un lumbago en salle de motricité, un tour de rein en faisant les lacets, vous avez piqué une suée en essayant de rattraper le fugueur de service,  vous avez de la morve dans les cheveux… mais tout va bien, les parents ne voient que votre sourire (et leur bouts de choux derrière vous 😉 !

  • L’inspecteur débarque dans l’école tous les 4 matins

En réalité : Si nous sommes en contact constant avec notre inspection (par téléphone ou par mail), il est assez rare que l’inspecteur se rende dans les locaux de l’école, et encore plus rare qu’il vienne pour une simple visite de courtoisie. En général, les IEN (Inspecteurs de l’Education Nationale, supérieurs directs des enseignants) viennent dans l’école :

– pour inspecter (c’est à dire venir en classe puis en entretien avec les enseignants pour vérifier que le travail correspond aux programmes nationaux et que la pédagogie proposée soit adaptée, c’est leur fonction première)

– pour assister à une réunion (animation pédagogique, équipe éducative, conseil d’école,…)

– pour une action particulière en lien avec la direction (comptage des effectifs, discussion autour d’une création de classe, projet particulier, …)

  • Le remplaçant de passage dort chez un des parents d’élèves

En réalité : La journée s’est bien passée ? Tu as fait quoi ? De la peinture ? Une chanson ? Tu as mangé quoi à la cantine ? Une journée classique est plus mystérieuse qu’un secret d’Etat. Quand la maitresse est absente, si vous arrivez à avoir le prénom du remplaçant, c’est déjà pas mal ; alors ne comptez pas l’inviter à manger ou à dormir (même si vous êtes les gérants de l’hôtel du village). Soyez tranquille, on n’est pas chez les scouts, il n’y a pas de tour de garde pour offrir gite et couvert à l’instituteur. D’ailleurs, l’enseignant remplaçant a souvent sa propre vie qu’il a hâte de retrouver.

Alors, plutôt Eva Beadle, Joseph Pagnol ou Victor Novak ?

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