#être ou (ne pas) #être

Hamlet aurait pu twitter  » #être ou ne pas #être ?  »

Quelques siècles après ce fameux monologue, on se déclare, on s’exclame, on revendique (et parfois on proteste, on retourne notre veste)…

Kennedy se proclame berlinois, Serge Lama se diagnostique malade, Claude Barzotti se naturalise italien.

Paraitre, sembler, devenir, rester, avoir l’air… l’être surplombe le tout.

Fini le temps des has been qui ne sont plus mais ont été, fini l’époque où il fallait avoir pour être, maintenant il faut être pour être.

Ce n’est plus la nationalité, la situation familiale ou la catégorie socio-professionnelle qui nous définit.

On se définit par tout : l’alimentation, les qualités, les défauts, l’orientation sexuelle, les gouts, les allergies, le look, … Tout mérite d’être revendiqué, casé, classé, comme une petite liste de QCM que l’on coche et décoche. Comme des étiquettes que l’on se colle au fur et à mesure, telle une valise qui écume les aéroports et se retrouve recouverte de divers destinations. Céline Dion nous dit pourtant qu’on ne change pas, on met juste les costumes d’autres sur soi…

 » Je suis un bébé à besoins intenses – Je suis un bébé dystilbène – Je suis gaucher – Je suis myope – Je suis prématuré – Je suis végétarien – Je suis végétalien – Je suis APLV – Je suis intolérant au gluten – Je suis hyperactif – Je suis dyslexique – Je suis dyscalculique – Je suis dyspraxique – je suis nullipare – Je suis multipare – Je suis bordélique – Je suis lesbienne – Je suis trans – Je suis – Je suis alcoolique – Je suis métrosexuel – Je suis blonde – Je suis hypster – Je suis BOBO – je suis hype – Je suis abstinent – Je suis fumeur – Je suis fasciste – Je suis échangiste – Je suis dépensier – Je suis Charlie – Je suis Paris – Je suis Bamako – Je suis Orlando – Je suis chemise – ….   »

On se regroupe par clubs, par affinités, par communautés. Au lieu de cultiver la différence (et non l’indifférence), on cherche chez l’autre le pus petit dénominateur commun à nous…

La langue espagnoles est à ma connaissance la seule à distinguer « être » par deux verbes : SER qui définit sur la durée quelque chose qui fait partie de notre identité, et ESTAR exprime un état provisoire, lié à une circonstance extérieure… Alors, je suis Charlie, soy Charlie ou estoy Charlie ?

J’ai découvert à travers l’annonce de Coeur de Pirate le terme américain « que ». Il signifie étrange, louche, de travers. Le queer ne se limite pas à combattre les inégalités ou les dominations entre ces catégories – l’homophobie ou le patriarcat – mais remet en cause l’existence même de ces catégories.

Je suis moi-même, avec mes qualités, mes failles, mes défauts, mes envies, mon passé, mon présent, mon futur, ma famille, mes amis, mes rêves, …

Laissons le mot de la fin à André Breton :  » il a fallu que je cessasse d’être pour être qui je suis « …

et aux fabuleux Monthy Python  » You’re all différents  » à regarder ici

 

 

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