Bref, j’ai déjeuné avec la ministre des Familles de l’Enfance et des Droits des Femmes

La semaine dernière, j’ai été convié avec plusieurs blogueuses à un déjeuner avec Madame la ministre des Familles de l’Enfance et du Droit Des Femmes. Il y avait aussi Cassia  Muriel Caroline  et Mélanie . Une belle petite équipe qui représentait un panel de mamans blogueuses de diverses configurations familiales, et c’était justement le sujet.

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Alors au départ, quand on m’a dit « vous allez déjeuner avec madame la ministre », ça fout la pression. Je m’imaginais une grande salle avec estrade, la ministre qui nous parle 10 minutes dans un micro et basta. Ca a été complètement l’inverse, nous avons eu un véritable échange de quasiment deux heures, un presque « tête-à-tête » sans filtre et sans langue de bois, et c’était top !

Au vu de nos « profils familiaux » (une maman solo en relation compliquée avec le papa, une maman solo en relation à l’amiable, une maman de famille recomposée, une maman au foyer et une maman de famille nombreuse), Madame La Ministre s’est réjouie de l’appellation « Ministère Des familles » qui correspond à une réalité de terrain. Il existe autant de problématiques familiales que de compositions, et l’ajout de ce petit « DES » prend à mon sens plus en compte tous les types de familles (et fait moins pétiniste) qu’un simple ministère de la famille.

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Nous avons abordé pêle-mêle : l’institution du mariage (ou pas), la difficulté des mères célibataires à être sur tous les fronts en permanence, les tétées nocturnes devant les documentaires animaliers, la maltraitance administrative, les sites de rencontres, la résilience, les mères parfaites et les mères indignes, le 17h-20h qui vire au carnage, les journées enfant malade, les procédures de divorce à rallonge, les pères en général et en particulier, les coquillettes-jambon, le bonheur,  les sorties au parc… Bref, on a causé parentalité !

L’occasion de nous dévoiler en avant première la brochure «  le livret des parents« . Pas « livret du père » ou « livret de la mère », mais bien un fascicule qui s’adresse aux deux parents, et c’est déjà un énorme pas. Composé de 15 pages, avec des illustrations hyper modernes, il reprend différents thèmes de la parentalité.

Dès l’Edito, le ton est donné : doutes, questions, inquiétude, bonheur, accueillir, faire grandir, naturel… Tous les sentiments par lesquels on passe en tant que parents sont réunis.  » Il n’y a pas de méthode toute faite qu’il suffirait d’appliquer mais des ressources sur lesquels s’appuyer. Vous les trouverez d’abord en vous, en gardant confiance en vous et en votre bébé « .  J’ai beaucoup aimé cette intro : pas d’injonctions ou de recettes miracle pour être un bon parent, mais des ressources. Et comme dit l’adage, celui qui se demande s’il est un bon parent est déjà un bon parent. Petit tour d’horizon du « livret des parents » :

Devenir parent : ce volet aborde la grossesse  » décision murie ou surprise « , et les transformations physiques et les chamboulements psychologiques que cela apporte.  » Entourez-vous de personnes de confiance pour souffler de temps en temps et faites appel à des personnes et à des lieux ressources. C’est d’autant plus important si vous vivez cette grossesse seule « . C’est vrai que pour une grossesse sereine, il est important d’avoir des personnes à qui se confier ou sur qui s’appuyer, surtout pour les futures mamans solos qui n’ont pas l’appui du papa.

Le papa justement, il en est question  » A la naissance, vous occuperez chacun une place d’égale importance pour votre enfant : la participation aux soin, aux repas (…) et plus largement aux tâches quotidiennes liées à la vie familiale (…) « .  Là, j’ai carrément jubilé : en 2016, on entend encore  » vous pouvez suggérer au papa d’accompagner votre enfant à un RDV chez le pédiatre « ,  » les couches, c’est quand même pas fait pour les papas « ,  » mon mari est gentil, il m’aide parfois  » …  Il est à mon sens fondamental de mettre les bases (ou prendre de bonnes habitudes ? ) dès l’arrivée de bébé et mentionner la répartition des tâches dès la naissance est un grand pas.

Etre parent aujourd’hui : cette partie pourra aider les jeunes parents qui ont du mal à  » décoder  » leur bébé. Elle conseille d’observer son enfant, fixer des limites claires et adaptées à son âge, d’être à son écoute, …  » Il n’y a pas de modèle ni de recette, juste des parents qui composent avec leur personnalité et celle de leur enfant « . Ce discours contraste avec les injonctions et les dogmes ambiants sur l’éducation et déculpabilise. Les punitions corporelles sont mentionnées dans un paragraphe  » Frapper un enfant n’a aucune vertu éducative « .   L’écrire noir sur blanc est un sacré pas sur le  » débat  » pour ou contre la fessée.  » Il est possible de trouver des appuis dans des lieux de soutien à la parentalité pour une éducation sans violence « . J’ai beaucoup apprécié l’emploi du terme  » éducation sans violence  » qui, même s’il dit la même chose, n’est pas  » l’éducation non-violente  » qui est un effet de mode et poussé à l’extrême.

Une question de responsabilités, une question de droits : des articles du code civil sont repris, les congés et prestations familiales auxquels les parents peuvent prétendre, l’autorité parentale, la séparation des parents … On y rappelle (ou apprend ? ) par exemple que depuis le 4 aout 2014, la personne qui partage la vie de la mère bénéficie d’une autorisation d’absence pour se rendre aux examens médicaux.

Protéger et faire participer son enfant : cette double page rappelle, à travers la Convention des Droits de l’Enfant, le droit d’être aimé et respecté, d’être éduqué et d’être protégé. Les explications relèvent du bon sens mais méritent parfois d’être (ré)entendues comme  » Fixer des règles et des limites, c’est sécuriser votre enfant. Mais se faire obéir, ce n’est pas tout interdire  » ou  » se fâcher après un bébé qui pleure ne sert à rien « . 

Les lieux et les ressources : cette dernière partie propose un tour des aides possibles, des modes d’accueil, des professionnels pour nous accompagner dans notre rôle de parent. Il conclut par un carnet d’adresses des différents sites utiles à la parentalité.

Cette brochure est une sorte de  » vade-mecum du parent » qui alterne les informations institutionnelles et les conseils pratiques. Elle parle vrai, avec des mots simples en décrivant des situations et problématique que chaque parent a déjà vécu lecture m’a fait beaucoup de bien, comme un conseil de bonne copine ou une oreille bienveillante. Sans jugement, plein de bon sens, ce livret accompagne dans l’apprentissage de la parentalité. Il permettra, je l’espère, à chaque parent d’avoir confiance en ses propres capacités et d’avoir accès aux ressources dont il peut bénéficier.

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. la cocotte dit :

    Merci pour ce témoignage captivant. C’est carrément très cool de voir que d’autres partagent cette passion ! Merci de faire partager votre passion.

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