Lecture du week-end… Nadja d’André Breton

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Enroulé dans un plaid sur le canapé ou en surveillant les enfants du coin de l’oeil au parc, le week-end est le moment idéal pour découvrir un nouvel auteur ou se replonger dans un classique ! Je ne prétends pas être critique littéraire, j’aimerais simplement partager avec vous  un livre que j’ai apprécié et vous donner envie de le lire.

Ce week-end … Nadja, d’André Breton 

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Je ne pouvais pas ne pas commencer par ce livre-là : découvert durant mes années lycée, je l’ai relu depuis des dizaines de fois et il m’a fasciné au point de m’en inspirer pour choisir le prénom de ma fille ainée.

Nadja, c’est le Surréalisme. André Breton est le chef de file de ce courant, qu’il a défini dans le « Manifeste du surréalisme » quelques années plus tôt par « Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale ». En gros, NO CENSURE. On découvre donc le « Surréalisme au quotidien » dans Nadja, par l’écriture automatique et les cadavres exquis, par les amis Soupault, Desnos, par les prises de photos spontanées, les collages et dessins, le tout arrosé parfois de substances aidants « l’absence de tout contrôle »…

Nadja, c’est la psychanalyse. »Qui suis-je? » « Je est un autre. » Infirmier psychiatrique de formation, Breton s’intéresse aux conditions de vie dans les asiles, au regard de l’époque sur la folie.  « Nadja » surnom que s’est donnée Léona Delcourt (« en russe, c’est le début du mot espoir« ) se définit comme « l’âme errante« . Si la folie de Nadja agit sur Breton comme un aimant au début de leur rencontre, la fin du livre est moins glorieuse car il s’en détache rapidement (finalement, leur histoire ne dure que quelques semaines) et elle finit internée…

Nadja, c’est Paris. Breton nous donne à voir un Paris nouveau, en regardant les ruelles, les passages, les devantures. Il nous guide à travers les grands boulevards jusqu’à la « très belle et très inutile Porte Saint-Denis ».  Entre Nadja et André Breton, Paris est le seul personnage qui se dresse, la ville est même quelquefois personnifiée. Il en dira plus tard : « Nantes, peut-être avec Paris la seule ville où j’ai l’impression que peut m’arriver quelque chose qui en vaut la peine ». 

Nadja, c’est un livre inclassable. Journal intime ? Roman ? Guide touristique ? Manifeste bis du Surréalisme ? Recueil d’illustrations ? Les croquis sont nombreux, notamment des esquisses réalisées par Nadja elle-même. Dans le livre lui-même, Breton attribue ces paroles à Nadja « Tu écriras un roman sur moi. Je t’assure. Ne dis pas non. Prends garde : tout s’affaiblit, tout disparaît. De nous, il faut que quelque chose reste.. ». Comme Magritte, autre Surréaliste, qui nous dit  » Ceci n’est pas une pipe », Breton nous dit « ceci est un roman » !

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