Classe découverte : je ne veux pas laisser mon enfant partir !

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A la sortie de l’école, MonGrand me saute dessus, un tas de papiers à la main  » On va partir en classe découverte ! ». Euh, oui, mais non, je ne veux pas parce que ….

  • J’ai peur qu’il n’y ait pas assez d’adultes…

Lors des sorties scolaires avec nuitées (qu’on appelle « catégorie 3 »), le taux d’encadrement est très réglementé : en Maternelle, 2 adultes au moins dont le maître de la classe, quel que soit l’effectif de la classe ; au-delà de 16 élèves, un adulte supplémentaire
pour 8. Une classe de 22 élèves partira avec au moins 3 adultes. en Elémentaire, 2 adultes au moins dont le maître de la classe, quel que soit l’effectif de la classe ; au-delà de 20 élèves, un adulte supplémentaire pour 10. En pratique, on essaie d’adapter le nombre d’adultes à l’âge des enfants, au lieu des sorties. Parfois, les parents sont sollicités (Attention, si vous êtes « accompagnant » vous ne venez pas uniquement pour votre enfant mais pour le groupe!). Lors des activités, des intervenants (guide, moniteur, etc) seront au contact de vos enfants mais il y aura toujours au moins un encadrant par groupe.

  • Je me demande ce qu’ils vont faire…

Les classes découvertes deviennent de plus en plus rare : l’organisation demande de nombreuses heures de travail en plus (non rémunérés) et implique que l’enseignant laisse de côté quelques jours sa propre vie personnelle pour se consacrer 24h/24 aux élèves pendant ce séjour (non rémunérés non plus, pas d’heures supp’ à l’EN). Les classes découvertes font l’objet d’un programme précis, avec étude des trajets, des modalités d’accueil pour les nuitées, des visites et le dossier doit être validé par l’Inspecteur d’Académie. Une réunion d’information collective est obligatoire en cas de nuitée, préparez vos questions à l’avance ! L‘enseignant adresse une note d’information aux parents, précisant toutes les modalités d’organisation de la sortie et comportant une partie détachable. Les horaires et le lieu de départ et de retour doivent y être mentionnés.

  • Je le trouve trop petit

« MonPetit a besoin de son doudou, de son histoire, de son bisou avant de dormir ! Qui va l’aider à s’habiller, lui servir son chocolat chaud le matin ? » Bien sûr, le nombre de nuits doit être adapté à l’âge des enfants, on ne part pas 10 jours à l’autre bout de la France avec des maternelles ! Mais réfléchissez, avez-vous vous même fait une classe découverte ? Pour ma part, j’ai toujours en tête ma classe de ski du cm2, avec la surboum karaoké du jeudi soir ! Les enfants ont souvent un attachement particulier à leur maitresse, ce sera l’occasion de tisser une relation privilégiée (et de la voir en pyjama, moment préféré des élèves) … Partir sans leurs parents sera forcément bénéfique dans leur apprentissage de la collectivité.  Et s’il n’a jamais passé une nuit sans vous, c’est l’occasion rêvée ! Vous serez surpris de le voir à son retour ranger son pyjama sous l’oreiller ou se laver tout seul !

  • Mon enfant a une particularité 

Laisser un enfant « sur le carreau » à cause de sa particularité serait contraire à l’esprit de l’école et d’une classe découverte, moment fédérateur pour toute la classe ! Les élèves qui font l’objet d’un projet d’intégration individuelle ou d’un projet d’accueil individualisé doivent, dans toute la mesure du possible, participer au même titre que les autres enfants. Handicap, allergie, maladie chronique, les cas particuliers devraient être discutés non pas dans la possibilité ou non d’emmener l’élève, mais de la mise en place des besoins particuliers (repas, couchage, transport, AVS ?). N’hésitez pas à solliciter un rendez-vous avec l’enseignant, le médecin scolaire, pour parler de votre enfant et de ses besoins.

  • Son papa et moi on n’est pas d’accord

Sauf situation de conflit dont l’école a connaissance, l’autorisation d’un seul des deux parents vaut pour accord des deux. Il peut arriver que les parents soient en désaccord, un poussant à l’autonomie et l’autre voulant garder le petit dans son nid… Discutez-en tous les deux mais pas devant l’enfant…

  • Je vais lui manquer (et il va me manquer)

Vous avez de la chance, le temps où l’on griffonnait le numéro de fixe au dos de la carte téléphonique est révolu. Si vous ne pouvez pas parler directement à votre enfant ( ce qui n’est pas plus mal, imaginez s’il passe la moitié de son temps à écouter sa mère se plaindre au téléphone …), il existe d’autres façons d’avoir de ses nouvelles : « chaines de textos », affichage devant l’école… De plus en plus de classes profitent même du voyage pour créer « un blog de classe » avec photos à l’appui. Et sinon, vous aurez toutes les infos au retour, anecdotes croustillantes en prime !

  • Je n’ai pas les moyens 

Pas forcément possible pour toutes les familles de débourser plusieurs dizaines voire centaines d’euros pour un voyage scolaire, et encore moins de le dire à la maitresse… Un petit mot cacheté en réponse comme  » Notre situation financière ne nous permet pas de répondre favorablement concernant la classe découverte de Trucmuche » ou « Nous ne serons malheureusement pas en mesure de financer la sortie scolaire » expliquera à l’enseignant votre situation. Une contribution financière peut éventuellement être demandée aux familles. Mais en aucun cas, un élève ne peut être écarté pour des raisons financières. Les enseignants peuvent piocher dans la coopérative scolaire (vous savez, le chèque de début d’année, il sert aussi à ça!), certains parents d’élèves chevronnés organisent des « ventes de charités » (gâteaux à la sortie d’école, vide-grenier, etc) pour financer le voyage.

  • Je préfère qu’ils fassent le programme ! 

L’école, ce n’est seulement copier face à un tableau ou faire une dictée… Quand on prévoit une classe de découverte, c’est le point d’appui de l’année scolaire mais de nombreuses activités de classe (avant et après) y sont rattachées : un auteur, une période historique, un projet lié à l’environnement… C’est l’occasion de travailler autrement, en favorisant le groupe, l’oral, la spontanéité, l’expérience.  La classe découverte, ce n’est pas une « semaine de vacances », vivre ensemble, c’est un apprentissage pour les enfants. Une « aventure humaine » comme disent les candidats de télé-réalité qu’ils ne sont pas prêts d’oublier…

(Les phrases en italique sont extraites du Bulletin Officiel « organisation des sorties scolaires » consultable dans son intégralité ici ) 

4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. T.Telle dit :

    En tant qu’enseignante, je voudrais ajouter 2-3 trucs car je ne fais pas de classe découverte, au grand regret de certains parents d’élèves. Pourtant, j’aimerais bien ! (Quels souvenirs de ma classe de mer en CM2 !)
    Mais le problème vient du coût et du financement de ce genre de voyage. Le coût est exorbitant : le bus coûte une fortune (par contre, voyager en train est très intéressant mais il faut des gares à proximité des lieux de départ et d’arrivée), les formules dans les centres agréés s’élèvent à plusieurs milliers d’€. Quant au financement, je refuse de demander une quelconque participation aux familles car ici, beaucoup n’ont pas les moyens et elles font déjà un gros effort pour donner 10 € en début d’année. Donc, pour financer ce genre de voyage, il faut organiser des manifestations ; ce que nous faisons déjà mais… sans succès !
    Résumé : je voudrais bien mais j’peux point.
    Mais ton article est super car lorsque les enfants ont cette chance, il ne faut pas la laisser passer.

    1. tu as tout à fait raison ! comme le fameux « Y’aura une classe verte? » à la réunion de rentrée…

  2. GabTiB dit :

    Il y a eu plusieures sorties pour mes deux enfants, ils ont toujours été ravis et moi j’ai toujours été une mauvaise mère, ravie pour eux de les laisser vivre leur vie!
    bon quoi mon ainé est parti en mini camp à 5ans, et au même âge déplacements de rugby, etc…
    depuis leur mot d’ordre à tous les deux, « quand est ce qu’on part en colo???? »
    j’ai de très bons souvenirs de ces escapades sans les parents, et c’est sans appréhension que je les laisse partir!
    mais c’est sur que pour les instits c’est du boulot!

  3. mimsyporpington dit :

    Y’a aussi tout simplement, « j’ai peur qu’il lui arrive qlqchose » (accident de bus, avalanche, pervers à proximité, etc…)

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