Naissance prématurée #3 : le personnel hospitalier

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ici et ici je vous ai raconté l’accouchement et la découverte de la néonat’. Cette partie du texte est consacrée aux « tatas » comme elles s’appellent parfois entre elles, les infirmières puéri et tout le personnel hospitalier. 

Je n’ai jamais aimé les hôpitaux, les prises de sang me font horreur et je détourne les yeux pendant les vaccins. La vue de mon bébé branché, avec tous ses fils, sa perfusion, son masque à oxygène puis ses lunettes à 02, sa sonde dans la bouche qui descend jusqu’à l’estomac me donne la nausée, mais je tiens bon pour elle. Toutes les 3 heures, les infirmières lui aspirent à l’aide d’une pipette les résidus qui sont dans son estomac pour controler la digestion. La sonde passe par le nez ou par la bouche selon comment elle l’arrache…

Quand on veut la prendre aux bras, il faut débrancher et rebrancher dans la foulée 5 ou 6 fils pour la sortir de la couveuse. Alors, oui, maintenant je la prends plus que de raison, je vais dans sa chambre plus rapidement que pour les grands, mais c’est pour rattraper ce temps perdu qu’on ne rattrapera jamais où on ne pouvait pas cajoler notre enfant comme on voulait…

A chaque soignant, on expliquait notre situation. La conversation était invariablement la même : Oui, c’est notre premier bébé, enfin notre premier bébé ensemble. On a déjà deux autres enfants chacun. Deux de 6 ans deux de 4. Un garçon et une fille pour la maman, deux garçons pour le papa. Oui, le papa est heureux d’avoir enfin une fille, oui la grande sœur est contente de ne plus être la seule fille. Oui, les « grands » sont contents. Oui, ça fait une sacrée bande ; oui, ya du boulot à la maison.

Je me rends compte que cette discussion « stéréotypée » était leur façon d’entrer en contact avec nous, de se faire livrer une partie de notre histoire pour savoir quel type de parents nous étions. A ceux qui ont des jumeaux, elles doivent surement poser des questions sur les prénoms, la chambre, les différences entre les deux. A ceux qui ont deux filles, on répond qu’ils vont enfin pouvoir jouer au foot et aux chevaliers avec leur petit garçon. A ceux qui répondent « c’est notre premier », elles doivent disserter sur le fait de devenir parent, les changements que cela implique dans la vie, etc. Connaitre l’histoire des parents et la composition familiale doit certainement aider pour connaître le bébé et appréhender son environnement, mais répéter chaque jour notre histoire devient lassant. On en rit avec MonAmoureux, quand la question « c’est votre premier ? » arrive, on se fait un petit regard qui dit « vas-y, toi, moi j’ai déjà raconté hier ».

Nous avons rencontré une bonne trentaines d’infirmières, au moins dix pédiatres. Parfois pendant les soins je m’imaginais leur vie ailleurs de la néonat’ « Est-elle mariée, habite-t-elle toute seule ? A t elle des enfants, peut être a-t-elle eu un bébé prématuré aussi ? ». Même la chef de service venait nous saluer, a pris le temps de nous recevoir en rendez-vous pour écouter nos questions, nous expliquer le parcours de soins, connaissait le prénom de notre bébé …

Chaque infirmière est différente et on repère vite leur caractère dans leur façon de travailler : il y avait la « pro » qui vient nous voir direct avec le cahier des transmissions pour donner les infos chiffrés, la rigolote qui fait des blagues et dédramatise nos questions, celle qui vient d’arriver dans le service et demande conseils aux collègues, celle branchée allaitement qui suit la mise au sein, celle qui t’incite à habiller ton bébé, celle qui t’explique le « Elmer noir et blanc » accroché à la couveuse…

Toutes nous ont expliqué leurs gestes, les conséquences. On les voyait débordées de travail, courant partout, mais dès qu’elles ouvraient une couveuse, elles ne se pressaient plus, elles parlaient au bébé, l’encourageaient, décrivaient les gestes, prenaient en compte leur douleur (Avant un acte douloureux telle qu’une prise de sang, on peut déposer quelques gouttes de glucose sur la langue du bébé et le faire téter, cela l’apaise). Toutes ont eu des gestes doux, des mots d’affection envers notre bébé, c’était « petit chat » « la championne » « minette ». En la regardant dans les yeux, même s’ils étaient fermés. Ca me plaisait plaisir de voir qu’on lui parlait, qu’on la prenait en compte en tant qu’humain, qu’elle n’était pas qu’un mini pantin branché avec une couche…

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Lafargue Stéphanie dit :

    Mes jumeaux ayant été en neonat, j’ai énormément apprécié la gentillesse, la disponibilité et le professionnalisme des équipes soignantes. Un grand merci à ces personnes qui ont été presentes pour notre petite famille

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